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Dr. Charles Chartouni: Le Liban et la fin des mythes-Lebanon and the End of Myths-لبنان ونهاية الأوهام

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لبنان ونهاية الأوهام
د. شارل الشارتوني/10 آب/2026
(ترجمة من الفرنسية)

Lebanon and the End of Myths
Dr. Charles Chartouni/August 10/2026 (Translated from Arabic)

Le Liban et la fin des mythes
Dr. Charles Chartouni/10 août 2026
Les mythes d’une restauration progressive de l’État libanais se dissipent au gré des heures et des jours et les Libanais sont renvoyés aux abîmes de leurs réalités quotidiennes et de l’absence de toute espérance. Les crises s’empilent, le mensonge d’État devient de plus en plus flagrant dès lors qu’aucune des questions majeures n’est traitée et que les attentes sont déboutées successivement. Nous sommes face à une crise systémique qui remet en cause la viabilité du pays, la réformabilité de l’État et l’avenir de la paix civile dans un contexte régional et domestique extrêmement volatile. Nous surfons en réalité sur des crêtes volcaniques incandescentes et qui peuvent faire éruption à n’importe quel moment.
La question préjudicielle est celle de la paix civile en l’absence d’un État indépendant, opérant de manière autonome et capable de prendre ses distances vis-à-vis de la politique de puissance iranienne et de ses relais domestiques. La réalité est que l’État libanais est en situation de subordination aux diktats multiples de la stratégie de subversion iranienne qui a jusque-là réussi à se dégager des politiques de contournement engagées sur divers plans. La colonisation de l’État libanais s’étant effectuée sur des décennies rend ardue la tâche de désintrication et de sortie d’emprise alors que tous les leviers de la domination chiite demeurent en place.
Le jeu formel des institutions et les stipulations constitutionnelles servent de couverture ou sont instrumentalisés au bénéfice d’une politique de contrôle insidieuse. Tant que le jeu est faussé et que les règles sont truquées, l’État libanais a peu de chances de se frayer des marges d’indépendance vis-à-vis d’une politique de domination qui ne désarme pas. Cela est d’autant plus avéré que cette dernière ne fléchit pas, malgré les défaites militaires qui ont détruit ce qui reste d’une ombre d’État.
Les conflits subsidiaires que le Liban a subis pendant plus de sept décennies poursuivent leur cours sur les décombres démographiques, stratégiques et humains d’un pays décharné où plus rien ne reste. C’est la politique de partage des dépouilles reconduite par les relais de la politique de puissance iranienne. l’Iran islamiste succède à la Syrie alaouite, celle-là au conglomérat palestino-gauchiste et à leurs parrainages alternatifs. Les trois opérateurs ont réussi à transformer le Liban en État-relais, en plateforme de subversion et en levier politique sur le plan régional. Les équations qu’ils ont réussi à mettre au point ont rendu impossible la désintrication des enjeux politiques et stratégiques au moment où la trame de l’hypothétique vie politique nationale n’est que le revers des politiques de puissance régionales. Le Liban est désormais annexé à la politique de puissance iranienne et à ses mouvements sismiques.
Les tentatives d’émancipation esquissées en 2005, en 2019 et en 2023 suite à la destruction de la stratégie des “plateformes opérationnelles intégrées” instituée par le régime islamique iranien ont successivement échoué. En effet la toile d’araignée tissée pendant des décennies a fini par étouffer les velléités indépendantistes et réformistes tentées par de multiples mouvances et à partir d’agendas contrastés.
La politique de terreur scellée par les assassinats politiques, l’explosion proto-nucléaire du port de Beyrouth, la répression sanglante des mouvements réformistes alternativement menées par les mouvances terroristes et mafieuses de la politique de domination chiite ont acclimaté un univers de peur généralisée. Cet univers pèse lourdement sur le moral d’une population civile expropriée et exténuée et sur les tentatives de sortie des enfermements multiples érigés par la politique de domination à double détente.
Le pouvoir en place n’a pas réussi l’épreuve d’émancipation, alors que la trêve qui a succédé à la guerre de 2024 aurait permis une sortie par effraction et contre toute attente; le pouvoir exécutif a délibérément manqué à la mission de désarmement du Hezbollah, il a rendu possible sa réhabilitation et la remise en marche de la politique de subversion récemment défaite. La colonisation de l’État par la politique de domination chiite, la perpétuation du climat de terreur, la complicité avérée du commandement de l’armée libanaise, le contrôle des organismes sécuritaires, la connivence d’une justice corrompue, timorée et servile, et les incohérences du pouvoir exécutif en ont fourni les assises.
La puissante médiation américaine, les négociations entre le Liban et Israël et la visite du chef de l’État à Washington auraient pu servir de leviers à la nouvelle stratégie d’émancipation. Cependant, la visite a fini par s’éteindre le jour même et la rentrée s’est soldée par un fiasco total. La fuite en avant, marquée par la visite en Turquie et accompagnée de déclarations fumeuses, a invalidé le processus de négociation et réhabilité la rhétorique du Hezbollah. Les négociations ont bénéficié de l’adhésion formelle mais conditionnée de l’État d’Israël, alors que le Liban s’engageait de façon mitigée et à partir de promesses aléatoires et non tenues.
Le pouvoir exécutif, quelles que soient les déclarations de principe, se réfugie dans le mutisme total à l’égard des extraterritorialités juridiques, politiques et stratégiques liées à la politique de domination chiite. Il reste également muet sur l’affermage des ressources de l’État au service de la politique de domination chiite, et le silence sur le désarmement du Hezbollah et des camps palestiniens.
La reconnaissance du Hezbollah comme pouvoir corollaire à celui de l’État et comme concurrent de fait et de droit a fini par abattre la légitimité de l’État et par avaliser les friches d’une illégalité de fait. Quelles que soient les pétitions de principe, elles arrivent difficilement à justifier les écarts entre les énoncés de principe et les réalités d’un pays à la dérive. Ce constat nous ramène à la question de la viabilité du pays, à la prégnance de ses institutions et à la possibilité d’une paix civile, alors que les politiques impériales reviennent de force et semblent suppléer aux faillites des États territoriaux. La paix qu’apporte la vassalisation semble-t-elle être celle des empires et des islamismes en concurrence ouverte?

Lebanon and the End of Myths
Dr. Charles Chartouni/August 10/2026 (Translated from Arabic)
The myths of a progressive restoration of the Lebanese state are dissolving by the hour and the day, leaving the Lebanese cast back into the abyss of their daily realities and the complete absence of hope. Crises pile up, and state falsehood becomes increasingly flagrant as none of the major issues are addressed and expectations are successively dashed. We are facing a systemic crisis that calls into question the viability of the country, the reformability of the state, and the future of civil peace within an extremely volatile regional and domestic context. In reality, we are surfing on incandescent volcanic ridges that could erupt at any moment.
The primary issue is that of civil peace in the absence of an independent state, operating autonomously and capable of distancing itself from Iranian power politics and its domestic proxies. The reality is that the Lebanese state is in a position of subordination to the multiple dictates of the Iranian subversion strategy, which has so far managed to break free from containment policies deployed on various fronts. The colonization of the Lebanese state, carried out over decades, makes the task of disentanglement and breaking free arduous while all the levers of Shiite domination remain in place.
The formal game of institutions and constitutional stipulations serve as a cover or are instrumentalized to benefit an insidious policy of control. As long as the game is rigged and the rules are falsified, the Lebanese state has little chance of carving out margins of independence from a domination policy that does not lay down its arms. This is all the truer as the latter does not waver, despite the military defeats that have destroyed what remains of a shadow of a state.
The proxy conflicts that Lebanon has endured for over seven decades continue their course upon the demographic, strategic, and human ruins of a skeletal country where nothing more remains. This is the spoils-sharing policy pursued by the relays of Iranian power politics. Islamist Iran succeeds Alawite Syria, which in turn succeeded the Palestinian-Leftist conglomerate and their alternative sponsorships. All three operators have succeeded in transforming Lebanon into a relay-state, a platform for subversion, and a regional political lever. The equations they managed to finalize have made it impossible to disentangle political and strategic stakes at a time when the fabric of hypothetical national political life is merely the reverse side of regional power politics. Lebanon is henceforth annexed to Iranian power politics and its seismic movements.
The attempts at emancipation sketched out in 2005, 2019, and in 2023—following the destruction of the “integrated operational platforms” strategy instituted by the Iranian Islamic regime—have successively failed. Indeed, the spider’s web woven over decades has ultimately smothered the independence and reformist impulses attempted by multiple movements starting from contrasting agendas.
The policy of terror sealed by political assassinations, the proto-nuclear explosion at the port of Beirut, and the bloody repression of reformist movements alternately carried out by the terrorist and mafia factions of Shiite domination have acclimated a universe of generalized fear. This universe weighs heavily on the morale of an expropriated and exhausted civilian population and on attempts to break out of the multiple confinements erected by the two-tiered domination policy.
The ruling power has failed the test of emancipation, whereas the truce following the 2024 war could have allowed for an unexpected and breakthrough exit; the executive branch deliberately failed in its mission to disarm Hezbollah, making possible its rehabilitation and the restarting of the recently defeated subversion policy. The colonization of the state by Shiite domination, the perpetuation of a climate of terror, the proven complicity of the Lebanese army command, the control of security agencies, the connivance of a corrupt, timid, and servile judiciary, and the inconsistencies of the executive branch have provided the foundations for this.
Powerful American mediation, negotiations between Lebanon and Israel, and the head of state’s visit to Washington could have served as levers for the new emancipation strategy. However, the visit fizzled out on the very same day, and the return to political life resulted in a total fiasco. The flight forward, marked by the visit to Turkey accompanied by nebulous statements, invalidated the negotiation process and rehabilitated Hezbollah’s rhetoric. The negotiations benefited from the formal but conditional adherence of the State of Israel, while Lebanon engaged in a half-hearted manner based on haphazard and unkept promises.
The executive branch, regardless of any declarations of principle, takes refuge in total mutism regarding the legal, political, and strategic extraterritorialities linked to Shiite domination. It also remains silent on the farming out of state resources to serve Shiite domination, and on the disarmament of Hezbollah and the Palestinian camps.
The recognition of Hezbollah as a power ancillary to that of the state and as a de facto and de jure competitor has ultimately struck down the state’s legitimacy and endorsed the wasteland of de facto illegality. Whatever declarations of principle are made, they struggle to justify the gaps between stated principles and the realities of a drifting country. This observation brings us back to the question of the country’s viability, the prominence of its institutions, and the possibility of civil peace, at a time when imperial policies are forcefully returning and appearing to supplement the failures of territorial states. Does the peace brought by vassalization seem to be that of empires and openly competing Islams?

لبنان ونهاية الأوهام
د. شارل الشارتوني/10 آب/2026
(ترجمة من الفرنسية)
تتبخر أوهام استعادة الدولة اللبنانية تدريجياً على مدار الساعات والأيام، ليجد اللبنانيون أنفسهم أمام أعماق واقعهم اليومي وانعدام أي أمل. تتراكم الأزمات، وتتضح كذبة الدولة بشكل صارخ مع عدم معالجة أي من القضايا الكبرى وإحباط التطلعات تباعاً. نحن نواجه أزمة بنيوية تهدد بقاء البلد، وقدرة الدولة على الإصلاح، ومستقبل السلم الأهلي في سياق إقليمي ومحلي شديد التقلب. إننا في الواقع نتزلج على قمم بركانية ملتهبة قابلة للانفجار في أي لحظة.
تتمثل القضية الأساسية في السلم الأهلي في غياب دولة مستقلة، تعمل باستقلالية وقادرة على النأي بنفسها عن سياسة القوة الإيرانية وأدواتها المحلية. والحقيقة هي أن الدولة اللبنانية واقعة تحت التبعية لإملاءات الاستراتيجية التخريبية الإيرانية المتعددة، والتي نجحت حتى الآن في التحرر من سياسات الالتفاف المتبعة على مختلف المستويات. وبما أن استعمار الدولة اللبنانية قد تم على مدار عقود، فإن مهمة فك الارتباط والخروج من القبضة أصبحت بالغة الصعوبة في ظل بقاء جميع مفاتيح الهيمنة الشيعية على حالها.
إن اللعبة الشكلية للمؤسسات والنصوص الدستورية لا تعدو كونها غطاءً أو تُستغل لصالح سياسة سيطرة خبيثة. وطالما أن اللعبة مشوهة والقواعد مزورة، فإن أمام الدولة اللبنانية فرصاً ضئيلة لإيجاد هوامش استقلال عن سياسة هيمنة لا تتراجع. ويتبدى ذلك بوضوح أكبر في كون الأخيرة لا تلين، على الرغم من الهزائم العسكرية التي دمرت ما تبقى من شبح دولة.
إن الصراعات بالوكالة التي عانى منها لبنان لأكثر من سبعة عقود تستمر في طريقها على الأنقاض الديموغرافية والاستراتيجية والبشرية لبلد ممزق لم يعد فيه شيئاً يذكر. إنها سياسة تقاسم الغنائم التي تواصلها أدوات سياسة القوة الإيرانية؛ فإيران الإسلامية تخلف سوريا العلوية، والأخيرة خلفت التكتل الفلسطيني-اليساري ورعايتهم المتبادلة. لقد نجح المشغلون الثلاثة في تحويل لبنان إلى دولة-وسيط، ومنصة للتخريب، ورافعة سياسية على الصعيد الإقليمي. لقد جعلت المعادلات التي نجحوا في صياغتها من المستحيل فك الارتباط بين الرهانات السياسية والاستراتيجية، في الوقت الذي لا يعدو فيه نسيج الحياة السياسية الوطنية المفترضة سوى انعكاس لسياسات القوة الإقليمية. لقد أصبح لبنان ملحقاً بسياسة القوة الإيرانية وحركاتها الزلزالية.
إن محاولات التحرر التي رُسمت ملامحها في أعوام 2005، 2019، وفي 2023 عقب تدمير استراتيجية “المنصات العملياتية المتكاملة” التي أرساها النظام الإسلامي الإيراني، قد فشلت تباعاً. ففي الواقع، إن شبكة العنكبوت التي نسجت على مدى عقود قد انتهت إلى خنق النزعات الاستقلالية والإصلاحية التي حاولت تيارات متعددة خوضها انطلاقاً من أجندات متباينة.
إن سياسة الرُّعب التي أُبرمت عبر الاغتيالات السياسية، والانفجار شبه النووي لمرفأ بيروت، والقمع الدموي للحركات الإصلاحية التي قادتها تباعاً الحركات الإرهابية والمافياوية التابعة لسياسة الهيمنة الشيعية، قد كيّفت مناخاً من الخوف المعمم. ويُلقي هذا المناخ بثقله على معنويات سكان مدنيين مسلوبين ومنهكين، وعلى محاولات الخروج من القيود المتعددة التي أقامتها سياسة الهيمنة المزدوجة.
لم ينجح السلطة القائمة في اختبار التحرر، في حين أن الهدنة التي أعقبت حرب عام 2024 كانت ستتيح مخرجاً مباغتاً وعكس كل التوقعات؛ فقد تقاعست السلطة التنفيذية عمداً عن أداء مهمة نزع سلاح حزب الله، بل سهلت إعادة تأهيله وإعادة تشغيل سياسة التخريب التي هُزمت مؤخراً. وقد وفرت الأسس لكل ذلك كل من: استعمار الدولة من قبل سياسة الهيمنة الشيعية، وإدامة مناخ الرعب، والتواطؤ الثابت لقيادة الجيش اللبناني، والسيطرة على الأجهزة الأمنية، وتواطؤ قضاء فاسد وجبان وخاضع، وتخبط السلطة التنفيذية.
كان بإمكان الوساطة الأمريكية القوية، والمفاوضات بين لبنان وإسرائيل، وزيارة رئيس الدولة إلى واشنطن أن تشكل رافعات لاستراتيجية التحرر الجديدة. غير أن الزيارة انتهت وتلاشأت في نفس اليوم، وأسفرت العودة السياسية عن إخفاق تام. فالهروب إلى الأمام، الذي اتسم بالزيارة إلى تركيا وصاحبته تصريحات مبهمة، أدى إلى إبطال عملية التفاوض وإعادة إحياء خطاب حزب الله. لقد استفادت المفاوضات من القبول الرسمي والمشروط لدولة إسرائيل، بينما انخرط لبنان بطريقة مترددة ومبنية على وعود عشوائية وغير مُنفذة.
إن السلطة التنفيذية، بغض النظر عن البيانات المبدئية، تلجأ إلى صمت مطبق إزاء الخروج عن السيادة القانونية والسياسية والاستراتيجية المرتبطة بسياسة الهيمنة الشيعية. كما أنها تلتزم الصمت حيال رهن موارد الدولة لصالح سياسة الهيمنة الشيعية، وتصمت عن نزع سلاح حزب الله والمخيمات الفلسطينية.
إن الاعتراف بحزب الله كقوة موازية لسلطة الدولة وكمنافس فعلي وقانوني قد أدى في النهاية إلى إسقاط شرعية الدولة والمصادقة على أطلال عدم الشرعية الفعلية. ومهما تعددت البيانات المبدئية، فإنها تجد صعوبة بالغة في تبرير الهوة بين الأقوال المعلنة وواقع بلد ينجرف نحو الهاوية. ويعيدنا هذا الاستنتاج إلى قضية بقاء البلد، وفاعلية مؤسساته، وإمكانية قيام سلم أهلي، في وقت تعود فيه السياسات الإمبراطورية بقوة وت وبكأنها تعوض إخفاقات الدول الوطنية. أفلا يبدو أن السلام الذي يجلبه الاستعباد هو سلام الإمبراطوريات والإسلامويات المتنافسة علناً؟

 

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