شارل الياس شرتوني: هل للانتخابات النيابية اللبنانية من غد/Charles Elias Chartouni: Les élections au Liban auraient elles un lendemain?

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شارل الياس شرتوني: هل للانتخابات النيابية اللبنانية من غد

Les élections au Liban auraient elles un lendemain?
Charles Elias Chartouni/Mai 22/2022

Les élections s’avèrent de bon augure dans un pays voué à la décomposition depuis plus de deux ans. Néanmoins, rien ne s’est fait, rien ne se fera tant que les hypothèques du Hezbollah et consorts au sein des coalitions oligarchiques régnantes depuis trois décennies, continuent de peser sur le fonctionnement même des institutions dans ce pays. Réduites à n’être que des auxiliaires aux politiques de puissance en place, les institutions libanaises sont réduites à un statut subsidiaire, celui d’encadrer la démarche des oligarchies, et leur fournir les étayages d’une pseudo-légitimité puisés à une caricature ubuesque de l’État de droit.

Le fait que les forces de l’opposition aient pu déjouer les calculs et projections des mouvances chiites et leurs alliés ne suffit plus, alors que nous sommes ramenés aux impasses de jadis: soit nous contrôlons l’État, sinon il n’y aura pas d’État, dans un contexte de catastrophes, où nous assistons à la destruction intentionnelle d’un centenaire de modernisation dans tous les secteurs (politique, économique social, éducationnel,….) et à la prolifération exponentielle des crises humanitaire et écologique de tous ordres.

Ce qu’on prévoit, c’est une politique d’obstruction qui vise de manière répétée à verrouiller les institutions et les rendre inopérantes, au bénéfice d’une politique de subversion qui instrumentalise le Liban au profit d’un Iran, engagé, à son tour, dans une dynamique de crises enchevêtrées et mortelles. L’élection du Président du Parlement, les aléas de formation d’un cabinet ministériel et ceux de l’élection du Président de la République, nous renvoient aux paralogismes de la consitution de Taef, aux verrouillages de la politique sectaire du chiisme politique, et des jeux politiques à somme nulle. Comment pouvoir mettre en rail une politique d’alternance démocratique, alors que le jeu est soumis à des distorsions systémiques où les institutions parlementaires, les pouvoirs exécutif et judiciaire sont les annexes d’une politique de domination expresse.

Comment peut on remettre en question un Président de Parlement en fonction depuis trente ans qui se permet de casser, en toute désinvolture, le principe de la séparation des pouvoirs, user de manière illégale ses prérogatives pour instituer des prébendes, tisser un réseau de clientélisme transversal, former une milice muée en “police parlementaire” dont le rôle est de réprimer les manifestants à coup de fusils à plomb visant les yeux et les veines jugulaires, et installer ses leviers à tous les niveaux de l’État (ministère des finances, procureur général des finances, ministère de la justice), afin de préempter les audits financiers, bloquer les négociations avec le fonds monétaire international, manipuler les intrications de la débâcle financière dont il est un des principaux architectes, encadrer les circuits de l’économie souterraine et ses plateformes opérationnelles sur le territoire libanais et dans le monde, et entraver le travail judiciaire se rapportant à l’explosion criminelle du Port de Beyrouth.

Comment pouvoir former un cabinet d’alternance à défaut d’une reconnaissance des normes juridique et éthique d’un État de droit (majorité et minorité parlementaires, consensus normatif et gouvernance, politiques publiques consensuelles). La récapitulation de ces équivoques qui pèsent sur cette phase post-électorale, nous laisse perplexe sur les chances d’une alternative politique réelle qui nous permet de sortir des ornières d’un immobilisme prolongé et ses effets dévastateurs, dans un pays condamné à une mort lente dûment diligentée par les mouvances du fascisme chiite et ses complices.