Charles Elias Chartouni/Le terrorisme islamiste entre la morbidité et le macabre/شارل الياس شرتوني: الإرهاب الإسلامي بين المرض والترويع

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Le terrorisme islamiste entre la morbidité et le macabre
Charles Elias Chartouni/October 30/2020

شارل الياس شرتوني: الإرهاب الإسلامي بين المرض والترويع

Le caractère profondément morbide du terrrorisme islamiste est étroitement associé à l’instrumentalisation de l’islam au profit des politiques de subversion qui suscitent des adhésions unanimes dans le monde musulman, comme si le pathos de l’islam contemporain n’a plus que le morbide et le macabre comme figures rhétoriques. Le comble du ridicule tient à la simulation victimaire alors que la terreur islamiste fait appel, sans vergogne, au meurtre doublé d’argumentaires aussi ridicules que mensongers ( la déclaration révélatrice de l’ancien premier ministre indonésien, Mahatir Mohammad, qui fait appel au meurtre des français par millions, une invitation expresse au génocide ).

Le leitmotiv de l’islamophobie sorti, sans cesse, comme une mantra qu’on évoque pour brouiller des enjeux, interdire tout débat rationnel, et s’en servir comme butoir pour justifier des régimes d’extraterritorialité, et fournir des prétextes à des pratiques terroristes ouvertement assumées.

La série d’attentats exécutés et déjoués depuis 2015, et le répertoire des justifications déroulé par les instances islamiques et les mouvances de l’islam sauvage, ne font que répercuter les registres pathogènes d’une modernité islamique entièrement faillie, les dislocations systémiques des sociétés musulmanes, et l’instrumentalisation d’un corpus islamique réifié, decontextualisé et réduit à n’être que la syntaxe d’une psychose en acte et d’une frénésie nihiliste, à partir de laquelle se construit le rapport à soi et aux autres.

Il est sûr que ces attaques sont conçues par des États et des mouvances terroristes et exécutées par une panoplie d’acteurs qui se sont réunis autour d’un récit politico-religieux qui se structure autour de l’idéologie coranique des conquêtes ( الفتوحات ), des élucubrations d’une islamisation de la planète-terre, et des verrouillages d’une psyché qui s’ordonne autour de la haine de l’autre comme revers de la haine de soi.

Ce rapport difficile à l’autre tient aux prédicats anthropologiques d’une ” grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au dehors.

En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, le désir chrétien du dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables.

S’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui.

Le seul moyen de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation, consiste dans une néantisation d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite ….,.

La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer, puisqu’en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux mêmes comme existants” ( Claude Lévi Strauss, Tristes Tropiques, Plon, 466-467, 1955 ). Suite à ce bref détour réflexif, il faudrait que le débat public pose les arêtes d’une politique qui s’articule autour des axes suivants:

1/ l’annihilation du terrorisme passe par une déclaration de guerre qui mette fin à ce nihilisme qui se drape de légitimité religieuse et qui en excipe. L’action guerrière, policière et des services de renseignement doit s’employer à détruire les plateformes multiples de cette terreur organisée.

2/ La culture politique française est le fruit d’une tradition politique vieille d’un millénaire de vie nationale, de consensus normatifs, et de compétences civiques qui en font un détour obligé à tous ceux et celles qui veulent faire partie de cette communauté nationale sur laquelle on ne peut pas transiger, à moins de mettre en péril son existence.

3/ La question migratoire est préjudicielle au règlement de ce problème qui n’est plus celui d’une minorité de terroristes mais celui de l’islam qui a du mal, voire, après des décennies de débat sur ses enjeux statutaires à s’arrimer aux conditions de fonctionnement d’une démocratie libérale qui s’articulent autour de, la séparation du religieux et du politique, du pluralisme des valeurs, et des normes de l’État de droit. Par ailleurs, la révision de la politique migratoire devrait reprendre les questions de migrations de masse, de la diversification du pool migratoire, de la mise en application du principe de déchéance de nationalité à l’endroit des terroristes et leurs associés, de la remise en question des politiques de recomposition familiale ( polygamie en premier ), de la dépolitisation des enjeux cultuel et des régimes alimentaire et d’hygiène et de l’application stricte de la loi républicaine à cet égard, du démantèlement des ghettos islamiques et des enfermements idéologiques qui en découlent à travers le travail d’acculturation formelle, juridique et institutionnelle qu’assurent l’école de la république et les institutions de la société civile. Il faudrait se rappeler que l’acte atroce de terreur qui a été perpétré à Nice est celui d’un jeune tunisien, sans statut légal, et qui n’a même pas bouclé un mois de séjour en France.

4/ La ferme opposition aux politiques d’intervention des États de tutelle ( Arabie Saoudite, Qatar, Turquie, pays du Golfe, Algérie, Maroc,Tunisie… ) et contrôle des diasporas via les mosquées, les centres islamiques, l’enseignement religieux, les clubs sportifs et les réseaux souterrains de criminalité et de terrorisme. La vague terroriste en cours est à corréler avec les différends stratégiques majeurs qui opposent la Turquie islamiste et le Qatar à la France.

La France ne peut plus s’accommoder des travestissements de la notion d’État de droit, de la prolifération des zones de non droit qu’on a, à juste titre, qualifiées de ” territoires perdus de la République ” et gagnés par l’islamisme, comme l’a si bien montré, Bernard Rougier et son équipe de chercheurs issus de la migration ( les territoires conquis de l’islamisme, PUF, 2020 ). Cet enchaînement ininterrompu depuis 2015, est symptomatique de difficultés de positionnement politico-religieux, de compromissions de tous ordres qui remettent en cause la souveraineté nationale, l’effectivité et la viabilité de l’État de droit, et mettent en exergue les équivoques du religieux en islam, et les ambiguïtés d’une politique, tant française qu’européenne, faite de non dits, d’incompréhension des enjeux, ou tout simplement de complicités idéologique ou d’intérêt qui opèrent à l’insu des considérations de sécurité nationale ou de bien commun.

Cet enjeu, loin d’être exclusivement sécuritaire, renvoie à des choix de société, des valeurs de base et de récit national et leurs incidences sur la paix civile, la viabilité des institutions républicaines et de démocratie libérale, et l’avenir de la France.