Charles Elias Chartouni: Mettre fin à l’extraterritorialité du Hezbollah/شارل الياس شرتوني: حزب الله ووضع حد للاستثناء السيادي

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شارل الياس شرتوني: حزب الله ووضع حد للاستثناء السيادي

Mettre fin à l’extraterritorialité du Hezbollah
Charles Elias Chartouni/Novembre 24/2021

La décision de l’Australie de classer le Hezbollah organisation terroriste et mettre fin aux équivoques statutaires dont il se prévaut, est une démarche de bon augure dont il faudrait se saisir afin de finir avec l’extraterritorialité dont il se réclame au sein de la communauté nationale libanaise. L’Etat-lige qu’est le Liban doit sa fiction juridique d’État à l’alternance des vassalités qui lui ont concédé des statuts intérimaires d’existence nationale. L’importance de la démarche australienne, qui succède à celle des États Unis et de l’Allemagne, tient au fait qu’elle dénie à cette organisation terroriste et de criminalité organisée tout statut juridique qui lui permette d’avaliser une”normalité” et un mandement pro-étatique qui lui ont permis tout au long des trois dernières décennies, d’opérer sur la base d’une extraterritorialité de fait. Il est impossible de redonner au Liban une raison d’être étatique en perdurant le paralogisme de l’”armée, peuple, résistance” et des inepties auxquelles il a donné lieu, en en faisant un subterfuge juridique derrière lequel s’abritent des réalités disparates qui pourfendent la souveraineté libanaise, et des visées politiques impériales qui se recommandent de la politique de subversion chiite pilotée par l’Iran sur le plan régional.

Il est impératif de poursuivre cette politique de mise au ban de la communauté internationale d’une formation politique qui usurpe d’une titulature concédée par l’état de fiction juridique à laquelle se trouve être relégué l’État libanais, qui n’est que la sommation des condominiums alternatifs qui se succèdent depuis soixante ans. Ce travail de balisage bute sur un obstacle de taille, celui de la représentativité du Hezbollah au sein de la communauté chiite libanaise, de la contestation de légitimité de l’entité nationale libanaise qui prévaut dans le discours politique chiite, de l’état larvé de guerre civile, de l’instrumentalisation du Liban comme plateforme de subversion et de criminalité organisée, de la marginalité à laquelle notre pays est voué sur le plan international, et de l’état d’implosion d’une aire sans ancrages normatif ou géopolitique . Nous sommes face à un travail de recadrage qui ne peut pas faire l’économie d’un balisage conceptuel et de reconstruction des paradigmes étatiques et ceux d’un ordre régional en éclats.